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Ces polluants mortels menacent en Afrique de l’Ouest

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Le niveau de contamination des aliments, des eaux du sol et de l’air aux polluants organiques persistants (POP) inquiète l’auteur d’une étude publiée en avril 2022 dans la revue Environmental Challenges.

Ces polluants sont des substances chimiques organiques hautement toxiques et reconnues comme une menace sérieuse pour la santé humaine et l’environnement.


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Selon Adewumi Adebusuyi, un des auteurs de l’étude, ces polluants se sont considérablement accumulés dans l’environnement et la chaîne alimentaire ces dernières années en Afrique de l’Ouest.

En cause, les activités industrielles, l’augmentation du trafic automobile, l’élimination inappropriée des déchets ou encore les mauvaises pratiques agricoles. En effet, les feux de brousse saisonniers, mais surtout l’usage des pesticides sont quelques-unes des mauvaises pratiques agricoles les plus courantes en Afrique de l’Ouest.

Le DDT, un danger

 « Les résidus de ces pesticides entrent généralement dans l’écosystème et donc dans la chaîne alimentaire ; ils s’accumulent et peuvent devenir toxiques pour la consommation humaine », prévient Adewumi Adebusuyi.


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Le pesticide le plus connu en Afrique de l’Ouest, et l’un des plus dangereux, est le DDT (dichloro-diphényle-trichloro-éthane), utilisé par les producteurs contre les ravageurs.

Bien que ce pesticide soit interdit en Amérique du Nord et en Europe en raison de ces effets nocifs, il est en circulation dans plusieurs pays en Afrique de l’Ouest notamment au Togo, au Benin, en Côte d’Ivoire et au Nigéria. Des études ont, d’ailleurs, révélé que 45% de la production mondiale de DDT est exporté vers les pays africains.

Risques de tumeurs

La gestion inappropriée des déchets, en particulier les déchets électroniques, constituent une autre source de contamination aux polluants organiques persistants en Afrique de l’Ouest.


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Selon un rapport de la Banque Mondiale, environ 69% des déchets sont brûlés à ciel ouvert en Afrique subsaharienne tandis que 24% sont éliminés sous une forme quelconque. Ces modes d’élimination des déchets électroniques exposent les populations aux risques de contamination aux polluants organiques persistants, conclut le rapport.

Or, l’exposition aux polluants organiques persistants est associée à plusieurs effets néfastes comme l’augmentation du risque de tumeurs, les troubles et dysfonctionnements de la reproduction, l’hyperpigmentation, les pertes de mémoire ou encore la dégradation du système immunitaire.

Convention de Stockholm

Pour atténuer les risques de contamination, Adewumi Adebusuyi recommande aux pays de l’Afrique de l’Ouest de prendre des mesures urgentes contre les feux de brousse et faire respecter la Convention de Stockholm. Cette convention sur les polluants organiques persistants vise à réduire et à éliminer une douzaine de substances toxiques dont le DDT.


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Bien que l’ayant tous ratifier, seuls neuf (9) pays sur les seize (16) que compte la sous-région ont intégré les directives de la Convention de Stockholm dans les plans nationaux de surveillance des produits chimiques.

« En outre, un contrôle plus assidus des décharges publiques ainsi que des lois contre le dépôt et l’incinération des déchets à l’air libre doivent être appliqués », conclut le chercheur.

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