Les déchets biomédicaux, un danger pour le personnel soignant au Togo

La collecte et gestion des déchets issus des laboratoires biomédicaux constituent un risque d’infections pour le personnel médical, les patients, les visiteurs et l’ensemble des populations au Togo. C’est la conclusion d’une étude publiée en février 2021 dans la revue Heliyon.

L’étude a essentiellement porté sur 82 unités de laboratoire d’analyses biochimiques, hématologiques, immuno-sérologique et bactériologique de quelques centres de santé publics et privés au Togo.


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Selon les résultats, les déchets solides constituent la plus grande partie des rejets de ces laboratoires. Il s’agit notamment des seringues, des tubes en verres ou plastiques, des aiguilles, des gangs, des masques, etc. Leur production quotidienne est estimée à une moyenne de 2,2 kg de déchets par laboratoire ; soit 180 kg de déchets pour l’ensemble des laboratoires enquêtées.

D’après les auteurs de l’étude, seule 40% de ces déchets sont incinérés tandis que la majeure partie se retrouve sur les décharges publiques ou sont enfouis dans le sol.

« Même lorsqu’ils sont incinérés, les pratiques d’incinérations inappropriées ont eu des répercussions négatives sur la santé publique des communautés environnantes parce que les installations n’étaient pas conformées à la réglementation en matière de contrôle de la pollution », rappelle Sadikou Agbéré, auteur de l’étude.

Infections transmissibles

Aussi recommande-t-il l’usage des incinérateurs de déchets médicaux plus moderne dans les centres hospitaliers au Togo. Selon le chercheur, le traitement et l’élimination inapproprié de ces déchets peuvent avoir de graves conséquences sur la santé et sur l’environnement.


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Parmi les risques sanitaires, il évoque les risques d’infections au VIH, aux hépatites virales (B et C) à la Covid-19 ou encore les risques de maladies liées au contact avec les métaux lourds, les produits toxiques pour les cellules.

Outre la gestion des déchets biomédicaux, les méthodes de collectes et les installations de stockages sont mises en cause par l’auteur de l’étude.

 « La collecte dégage des odeurs nauséabondes qui sont à l’origine des troubles respiratoires principalement des rhinites, des démangeaisons de la gorge et des troubles gastro-intestinaux principalement des diarrhées », note-t-il.

Le risque est plus grand d’autant plus que la pandémie liée à la Covid-19 a induit une augmentation de la production des déchets médicaux.

Alternatives

Selon un rapport publié par l’OMS en février 2022, environ 144 000 tonnes de déchets biomédicaux (seringues, aiguilles et boîte de sécurité) ont été générés rien que par les doses de vaccins administrés dans le monde pour faire face à la Covid-19.


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Au Togo, des données sur les déchets produits lors de la pandémie ne sont pas encore disponibles mais Sadikou Agbéré craint que la tendance ne soit à la hausse en raison d’une large acceptation des dispositifs médicaux à usages uniques comme les gans, les kits de tests etc.

Le chercheur propose, par conséquent, une surveillance des substances toxines telles que les émissions de dioxines issues des incinérateurs afin de réduire les risques potentiels pour l’homme et l’environnement.

« D’autres technologies de traitement potentielles, telles que la pyrolyse* et la désinfection par micro-ondes, devraient être examinées comme alternatives à l’incinération afin de mieux gérer les déchets médicaux au Togo », conclut-il.

*La pyrolyse :  réaction chimique de décomposition d’un corps organique sous l’action de la chaleur et sans autres réactifs. Elle permet d’obtenir différents hydrocarbures solides (charbon de bois ou biochar), liquides ou gazeux.

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