La pulpe de baobab pourrait désormais être utilisée pour réduire la malnutrition en Afrique. Une étude publiée en décembre 2018 dans la revue Scientific African montre, en effet, que la pulpe de baobab ajoutée comme fortifiant aux biscuits augmente considérablement leur valeur nutritionnelle.
D’après les chercheurs, le choix de la pulpe de baobab a été motivé par les résultats de précédentes études qui avaient conclu que la pulpe avait une forte teneur en phosphore, calcium, magnésium ainsi qu’une teneur en vitamine C sept à dix fois plus élevée que celle des oranges.
Au cours de leur étude, les chercheurs ont incorporé de la farine de baobab dans des biscuits. Ils ont offert à un groupe de 30 dégustateurs quatre types différents de biscuits : des biscuits de riz non enrichis, des biscuits dans lesquels 10% de la farine de riz a été remplacée par de la farine de baobab, des biscuits avec 20% de farine de baobab, et des biscuits avec 30% de farine de baobab.
Les chercheurs ont ensuite demandé aux dégustateurs de juger les biscuits en fonction des paramètres comme le goût, l’arôme et la qualité générale. La majorité des dégustateurs ont apprécié les biscuits contenant 20% de farine de baobab tandis que ceux contenant 30% de farine de baobab ont été rejetés par une bonne partie des dégustateurs.
Pour les chercheurs, ces résultats sont des indicateurs de l’acceptation de la farine de pulpe de baobab dans la pâtisserie.
« Avant notre étude, plusieurs chercheurs avaient travaillé sur l’utilisation de la pulpe de baobab pour la production de jus, gelées, sauces et crèmes enrichis en raison de sa forte teneur en vitamine C. Son utilisation en pâtisserie est une innovation», a expliqué Pauline Mounjouenpou co-auteure de l’étude et chercheuse à l’Institut de recherche agricole pour le développement au Cameroun.
Charles Parkouda chercheur au Centre national de la recherche scientifique et technologique du Burkina Faso a, pour sa part, indiqué que les résultats de cette étude sont une contribution de plus dans la lutte contre la malnutrition surtout chez les enfants.
Toutefois, le chercheur préconise des études d’impacts écologiques de l’usage de pulpe de baobab comme fortifiant avant d’envisager une production à grande échelle en vue d’une commercialisation.
En 2018, une étude publiée dans la revue scientifique Nature indique que presque tous les pays africains ont enregistré une baisse du taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans. Selon la même étude, les aliments enrichis restent le meilleur moyen de lutter contre la malnutrition.
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