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La lutte biologique intégrée pour combattre « les mouches de fruits »

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Il n’est pas rare de constater dans certaines zones de production fruitière du Togo (notamment Kpalimé) que certains fruits tombent de leur arbre avant leur étape de maturation. Ces fruits sont, en effet, attaqués par des ravageurs appelés « Théphridea frugivore » ou « mouches de fruits » .
Selon le Centre Technique de coopération Agricole et rurale (CTA), les pertes de rendements imputables à ces ravageurs en Afrique de l’Ouest varient entre 10 et 80% entre le début et la fin de la campagne de production des fruits.

Au Togo, une étude sur les paramètres bio écologiques de ces ravageurs, de leurs plante-hôtes et de leurs ennemis naturels a été effectuée par un Chercheur du Laboratoire d’Entomologie Appliquée à l’Université de Lomé au Togo.
Cette étude a permis de répertorier au total 35 espèces de « mouches de fruits » dont la plus importante est le « Bactocéra Dorsalis », une espèce exotique originaire d’Asie qui a été introduite accidentellement en Afrique en 2003. Cette espèce de « mouche de fruits » infeste environ 17 plantes dont les plus importantes économiquement sont les manguiers, les anacardiers, les orangers, les avocatiers, les citronniers…Son hôte de prédilection reste, toutefois, les manguiers sur lesquelles l’étude a révélé le niveau d’infestation le plus élevé (26,73 mouches/Kg de mangues).

Selon l’auteur de l’étude, Dr Mondjonesso Gomina, neuf ennemis naturels ou parasitoïdes du « Bactocéra Dorsalis » ont été inventoriés au Togo.
« L’objectif était de faire l’inventaire et de promouvoir les ennemis naturels de ces Théphridea dans le cadre d’une lutte biologique à mener contre ces ravageurs» explique-t-il.
Au Benin par exemple, explique le Chercheur, la promotion des oecophylles a permis de réduire considérablement les dommages causés par les « Bactocéra Dorsalis«

Opter pour une lutte biologique intégrée

Les ennemis naturels du « Bactocéra Dorsalis » répertoriés au Togo sont incapables, selon le Dr M. Gomina, de contenir ces frugivores à cause de leur taux de parasitisme relativement faible (entre 0,61 et 40%). Pour lui, une lutte efficiente contre cette espèce de mouche passe par la mise en place et l’application d’une méthode de gestion intégrée de la population de ces Théphridea.
« La lutte intégrée associant aussi bien le piégeage, la prophylaxie, l’utilisation des bio-insecticides que la promotion des parasitoïdes et des prédateurs reste selon notre étude la stratégie de lutte la mieux indiquée pour contenir les ravages du Bactocéra Dorsalis au Togo. Pris individuellement, ces méthodes de lutte peuvent s’avérer inefficaces et limitées » explique-t-il.

Et de poursuivre « la méthode de lutte la plus efficace reste toutefois la lutte biologique classique qui consistera à détecter un parasitoïde originaire du même milieu de provenance que le Bactocéra Dorsalis et de procéder aux lâchers dans toutes les régions infestées».
Pour Marc De Meyer, Directeur de la section d’Entomologie du musée royal de l’Afrique Centrale (MRAC) qui a contribué à l’identification des Théphridea, la méthode de lutte à adopter contre ces ravageurs variant selon les espèces, il est indispensable dans le cadre d’une lutte efficiente de disposer d’une cartographie fiable des frugivores.

« Aucun pays de la zone subtropicale n’est à l’abri de ces ravageurs tant qu’il y aura encore un seul pays qui n’aura pas développé de stratégie durable pour maitriser les frugivores. Il est donc indispensable de déterminer les espèces de mouches de fruits existant dans tous les pays afin de recommander des actions aptes à chaque situation » ajoute-t-il.

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