Accueil Gouvernance Pourquoi les populations du Nord-Togo redoutent le mois de Septembre ?

Pourquoi les populations du Nord-Togo redoutent le mois de Septembre ?

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Les inondations aggravent la situation nutritionnelle des enfants et menacent la sécurité alimentaire des populations au Nord du Togo, prévient une étude publiée en décembre 2020 dans le Canadian Journal of Tropical Geography.

L’étude réalisée dans la région des Savanes visait à analyser la vulnérabilité et la résilience des populations face aux inondations. Dans cette région considérée comme la plus précaire du Togo, le taux de pauvreté est estimé à plus de 90% et près de 32% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë.


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Les résultats indiquent que les récurrentes inondations occasionnent la destruction des champs et la perte du cheptel dans cette région essentiellement agricole. Le mois de septembre a été identifié comme la période la plus sensible en raison de la forte pluviométrie enregistrée dans la région au cours de l’année.

Sécurité alimentaire

Aux facteurs naturels, il faut ajouter l’inefficacité du système d’entretien du réseau routier ou encore la destruction du couvert végétal à des fins agricoles qui, selon les chercheurs, aggravent les risques d’inondation dans la région.

 « Ces inondations fragilisent les conditions de vie des populations qui n’ont plus de ressources alimentaires pour leur survie et accentuent la situation nutritionnelle des enfants » notent Pyalo Badameli et Padabô Kadouza, auteurs de l’étude.


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En 2010 par exemple, les pertes agricoles dues aux inondations rien que dans les préfectures de Tandjoaré et Kpendjal s’élevaient respectivement à 434 tonnes et 180 tonnes. Elles correspondent à une perte financière cumulée d’environ 188 millions de F CFA pour les populations de ces deux localités. Parmi les productions ayant subi plus de dégâts, le maïs, le sorgho et le riz.

Outre l’agriculture, d’autres secteurs comme les transports, le commerce, l’habitat ou encore la santé sont menacés par les inondations.

Maladie diarrhéiques

Les chercheurs estiment, en effet, que les inondations favorisent la prolifération des vecteurs de maladies comme hydriques comme les diarrhées, la dysenterie, le choléra ou encore la fièvre typhoïde.


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Pendant les périodes d’inondation, les maladies diarrhéiques et le paludisme représentent près des 80% des pathologies les plus fréquentes tandis que le choléra et le ver de Guinée représentent 20%.

Pyalo Badameli et Padabô Kadouza proposent que des actions de préventions soient accentuées dans cette région au cours du mois de septembre qui a été identifiée comme période assez sensible.

Se basant sur les projections climatiques qui prédisent une montée des phénomènes météorologiques extrêmes dans les années à venir, ils invitent les autorités publiques à renforcer les mécanismes de prévention et de réaction d’urgence afin de réduire la vulnérabilité des populations face aux inondations.

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