Accueil Innov & Tech Raïssa Malu : Il est temps que l’Afrique devienne productrice de technologies

Raïssa Malu : Il est temps que l’Afrique devienne productrice de technologies

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Sa passion pour les sciences, Raïssa Malu la tient sans aucun doute de son père Félix Malu Wa Kalenga (1936 – 2011), professeur d’universités spécialisé dans le génie atomique.

Elle-même physicienne et ancienne professeure de sciences et de mathématiques dans le secondaire et dans le supérieur, elle travaille désormais à susciter l’intérêt des jeunes pour ces disciplines afin de les vulgariser au maximum.

Chef de l’Unité technique d’appui (UTA) du projet d’éducation pour la qualité et la pertinence des enseignements aux niveaux secondaire et universitaire (PEQPESU) au ministère de l’EPST (Enseignement primaire secondaire et technique), elle a été un des principaux acteurs de la réforme de l’enseignement des sciences en République démocratique du Congo (RDC).
Parallèlement, avec « Investing in people », une association sans but lucratif (ASBL) fondée en 2013, elle organise chaque année une Semaine de la science et des technologies à Kinshasa pour mettre en lumière les travaux des scientifiques congolais et africains et pousser ainsi les jeunes à suivre leurs exemples.

Au lendemain de la 9e édition de cet événement en avril 2022, Raïssa Malu s’est confiée à SciDev.

Comment est née l’idée de la « Semaine de la Science et des Technologies » ?

Cette idée justement est née du fait que quand je me présente comme physicienne, en général, les gens ont peur. Parce qu’ils se rappellent que la physique et les mathématiques étaient les matières qu’ils avaient le plus détestées quand ils étaient à l’école. Et ça me fait de la peine…

Parce que je prends beaucoup de plaisir à faire la physique et les mathématiques et donc je veux que tout le monde partage le même plaisir. Vous pouvez ne pas devenir physicien comme moi, mais au moins, vous devez vous sentir à l’aise avec ces disciplines.

L’idée en fait m’est venue de créer cet évènement pour démystifier ces disciplines ; ça me semble vraiment important auprès du grand public et des jeunes.

Mais j’avais également à cœur de promouvoir le savoir et le savoir-faire congolais et africain dans ces domaines. Malheureusement, quand on parle de nous, l’Afrique, on oublie que nous jouons un rôle dans l’histoire des sciences.

Et ça, c’est un manque immense. Comment voulez-vous convaincre nos jeunes à aller dans nos disciplines s’ils n’ont aucun modèle auquel s’identifier ?

Et donc il commence à me sembler important de promouvoir le savoir-faire congolais et africain pour dire qu’on a d’excellents scientifiques qui améliorent les conditions de vie des populations et on doit les connaitre.

Et le troisième point, c’est évidemment de susciter des vocations. Il faut qu’on ait vraiment un maximum d’élèves qui puissent s’inscrire dans les filières scientifiques et techniques. Autrement, dans 60 ans, on connaitra la même RDC que l’on a aujourd’hui et ça, je suis désolée, on ne peut pas l’accepter !

Qu’est-ce que la SST a apporté comme progrès ou changement dans la perception de la recherche scientifique en RDC ?

Voyez-vous, on a vraiment vu l’évolution. En 2014, quand je parlais de la Semaine de la science, on me regardait comme un extraterrestre ; « mais de quoi est ce qu’elle parle ? ». Aujourd’hui, il y a des élèves qui se bousculent pour devenir eux aussi des animateurs, des formateurs.

Il y a des gens qui veulent absolument venir participer aux activités. Donc on a vraiment envie que maintenant les sciences et les technologies deviennent normales, qu’on pense que l’on peut effectivement réussir, et surtout qu’on trouve normal de voir une femme ou des femmes qui s’imposent dans ce domaine. Je pense que c’est le plus beau résultat que l’on a de 9 éditions de la SST.

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