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Togo, Bénin, Sénégal…risque de nouvelles invasions de chenilles légionnaires

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Plusieurs pays d’Afrique subsaharienne subiront une forte invasion des chenilles légionnaires d’automne jusqu’en 2080 en raison des changements climatiques. C’est ce que révèle une étude publiée en janvier 2022 dans la revue Nature.

Ces insectes ravageurs originaires des régions tropicales et subtropicales des Amériques s’attaquent généralement aux céréales comme le maïs, le riz et le sorgho ainsi qu’aux cultures maraîchères et au coton.


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En se basant sur les prédictions climatiques actuelles, les auteurs de l’étude indiquent que la température et le climat humide dans une grande partie de l’Afrique de l’est, de l’ouest et du centre (57,2% de la superficie totale) favoriseront la croissance de la population des chenilles légionnaires jusqu’à fin 2080.

Selon l’étude, tous les pays de l’Afrique centrale sont exposés à un risque élevé d’invasion tandis qu’en Afrique de l’Ouest, le Togo, le Bénin, le Burkina Faso ou encore le Sénégal ont été identifiés comme figurant parmi les plus exposés.

 Menace économique

 « Notre étude suggère qu’une augmentation des températures en Afrique de l’ouest et du centre d’ici la fin 2080 pourrait contraindre les populations des chenilles légionnaires à migrer vers l’Europe et l’Amérique du Nord où les conditions climatiques seraient plus favorables à leur survie », soulignent les auteurs.


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Les dégâts causés par l’invasion de la chenille légionnaire d’automne, représentent une réelle menace pour la survie et la sécurité alimentaire dans les pays cités.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), estime que ce ravageur dont la plante hôte privilégiée est le maïs est à l’origine de pertes agricoles majeures en Afrique subsaharienne.

En 2017, une étude du Centre for Agricultural Bioscience International (CABI) a estimé à 6,1 milliards de dollars par an (plus de 3528 milliards de F CFA) les pertes économiques dues à l’effet de la légionnaire d’automne dans 12 pays africains.

Le « push-pull » au Togo

Pour contrer la menace que représentent ces ravageurs, les chercheurs recommandent le recours aux bio pesticides, à la culture intercalaire de légumineuses, à la diversification de l’environnement agricole ou encore au système push-pull développé par l’entomologiste indien Zeyaur Khan. Au Togo, c’est ce système push-pull qui est expérimenté depuis quelques années.


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Il consiste à introduire à l’intérieur de la culture une plante ayant une propriété répulsive vis-à-vis des ravageurs ; et à planter en dehors de la culture, une plante-piège ayant la propriété d’attirer les ravageurs.

Bien qu’efficace, cette méthode de lutte ne suffira pas à contrôler les légionnaires d’automne selon certains experts qui estiment que seule une coopération et une synergie d’actions entre les pays touchés pourrait permettre de venir à bout de ces ravageurs.

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