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Espace et Astronomie

Astronomie 2025 : De la comète interstellaire à l’énergie noire

L'année 2025 a été marquée par des découvertes majeures : un rare visiteur interstellaire, la confirmation de foudre sur Mars et des données troublantes sur l'énergie noire. Retour sur les missions et observations qui ont redéfini notre vision du cosmos ces douze derniers mois.

Astronomie 2025 : De la comète interstellaire à l'énergie noire
Astronomie 2025 : De la comète interstellaire à l'énergie noire
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Une observation décrit un phénomène ; son interprétation peut encore évoluer.

Sources

  • science-actualite.com
3 sources citées
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France, Belgique, Suisse, Canada

L’année 2025 restera gravée comme une période charnière pour l’observation spatiale, marquée par des premières techniques audacieuses et des découvertes remettant en cause nos modèles cosmologiques établis. De l’atmosphère martienne aux confins de l’Univers observable, les instruments déployés cette année ont offert aux astronomes une moisson de données inédites, redéfinissant notre compréhension de notre place dans le cosmos. Retour sur les événements scientifiques majeurs qui ont rythmé ces douze derniers mois.

  • Un troisième visiteur interstellaire, la comète 3I/ATLAS, a traversé notre système solaire, visible jusqu’au printemps 2026.
  • La mission Proba-3 a réussi la prouesse de créer des éclipses solaires artificielles à la demande grâce au vol en formation.
  • Des données spectroscopiques suggèrent que l’énergie noire, moteur de l’expansion de l’Univers, pourrait varier dans le temps.

Pour approfondir votre compréhension des structures cosmiques explorées cette année, consultez notre dossier complet sur l’Univers et l’astronomie.

Un nouveau visiteur venu d’ailleurs

Image du télescope Hubble montrant la comète interstellaire 3I/ATLAS comme un point lumineux entouré d'un halo diffus.
Le télescope spatial Hubble a capturé cette image de la comète interstellaire 3I/ATLAS le 30 novembre. Crédits : NASA, ESA, STScI, D. Jewitt/UCLA.

Notre système solaire a accueilli en 2025 un invité exceptionnel : la comète 3I/ATLAS. Repérée le 1er juillet par le télescope de surveillance ATLAS au Chili, elle ne constitue que le troisième objet interstellaire jamais identifié traversant notre voisinage planétaire. Les astronomes ont rapidement établi que sa trajectoire hyperbolique ne provenait pas de notre système et qu’elle ne faisait qu’un bref passage avant de retourner vers l’espace interstellaire.

Depuis sa découverte, l’objet a développé une queue caractéristique et contourné le Soleil à une vitesse vertigineuse dépassant les 200 000 kilomètres par heure. Observée par plusieurs sondes, y compris depuis la surface de Mars, la comète a montré des signes de cryovolcanisme (volcanisme de glace). Bien que son passage au plus près de la Terre, le 19 décembre à environ 270 millions de kilomètres, soit désormais derrière nous, elle devrait rester visible jusqu’au printemps 2026.

Électricité statique sur Mars

Illustration artistique de nuages et d'un éclair au-dessus de la surface rocheuse rouge de Mars.
Lorsque les vents martiens soulèvent la poussière, les interactions entre les grains peuvent générer des champs électriques (vue d’artiste). Crédit : MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRARY/Getty Images.

L’atmosphère martienne est plus électrique qu’on ne le pensait. Un microphone embarqué sur le rover Perseverance a capté pour la première fois le crépitement de l’électricité statique dans l’air martien. Ce phénomène, qualifié de « mini-foudre », avait été suspecté lors d’enregistrements précédents de tourbillons de poussière (dust devils), mais les cliquetis entendus alors avaient été attribués à l’impact des grains sur le capteur.

Cette année, une équipe de planétologues a confirmé qu’il s’agissait bien de triboélectricité : des décharges soudaines provoquées par l’accumulation de charges électriques lorsque les particules de poussière frottent les unes contre les autres. Ce mécanisme, théorisé de longue date sur la Planète Rouge, a enfin trouvé sa confirmation acoustique.

Le compagnon insaisissable de Bételgeuse

Image astronomique montrant une tache bleue ronde juste à gauche d'un cercle jaune plus grand et brillant.
De nouvelles images révèlent un petit compagnon (en bleu) longtemps recherché près de la supergéante Bételgeuse (en orange). Crédit : International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA.

L’une des étoiles les plus célèbres de la constellation d’Orion, la supergéante rouge Bételgeuse, pourrait ne pas être seule. Les astronomes soupçonnaient depuis longtemps l’existence d’un système binaire, avec une étoile de la masse du Soleil orbitant tous les 2 000 jours environ. En juillet, une image révélant une faible tache bleue à proximité de la supergéante a été publiée, offrant un indice visuel direct potentiel.

Le destin de ce compagnon semble toutefois scellé : son orbite le place à l’intérieur de l’atmosphère étendue de Bételgeuse, ce qui devrait conduire à son absorption par la supergéante d’ici 10 000 ans.

Proba-3 : Maîtriser l’ombre pour voir le Soleil

Animation montrant le soleil au centre, entouré d'une section verte puis d'une zone rouge, illustrant une éjection de masse coronale.
Les observations combinées permettent de suivre une éjection de masse coronale depuis la surface solaire jusqu’au système solaire. La zone verte correspond aux données inédites de Proba-3. Crédit : ESA/NASA.

L’ingénierie spatiale a franchi un cap avec la mission Proba-3, lancée en décembre 2024. Composée de deux satellites volant en formation serrée, la mission a réussi à créer des éclipses solaires artificielles à la demande. L’un des satellites masque le disque solaire avec une précision millimétrique pour l’autre, permettant d’observer la couronne solaire, cette atmosphère ténue et insaisissable, pendant des durées prolongées.

Andrei Zhukov, physicien solaire à l’Observatoire royal de Belgique et responsable principal, rapporte que le duo a généré 51 éclipses depuis juillet, avec plus de 100 autres prévues pour 2026. Ces observations comblent un vide critique dans notre surveillance de la météo spatiale.

Cartographier l’Univers dynamique

Vue nocturne de la coupole de l'observatoire Vera Rubin ouverte sous un ciel étoilé.
La coupole de l’Observatoire Vera Rubin s’ouvre pour permettre à la caméra de scruter le ciel. Crédit : RubinObs/NSF/DOE/NOIRLab/SLAC/AURA.

Au Chili, l’Observatoire Vera Rubin a entamé cette année son relevé décennal du ciel austral. Sa mission est de capturer une mosaïque d’images à grand champ tous les quelques jours, créant ainsi le plus grand « film » cosmique jamais réalisé. Cette approche temporelle permettra de détecter des phénomènes transitoires comme les supernovas ou les astéroïdes rapides.

En cartographiant des milliards d’objets, cet observatoire fournira des données cruciales pour comprendre l’évolution de notre propre galaxie. Pour mieux saisir les enjeux de cette structure spirale, vous pouvez consulter notre article sur la Voie lactée et sa composition.

L’énergie noire est-elle inconstante ?

Photo en pose longue montrant le mouvement circulaire des étoiles au-dessus du télescope Mayall.
Les étoiles tourbillonnent au-dessus du télescope Mayall en Arizona, qui mène l’enquête DESI. Crédit : B. Tafreshi/KPNO/NOIRLab.

Parallèlement, les certitudes sur l’expansion de l’Univers ont été ébranlées. L’énergie noire, cette force mystérieuse qui accélère l’expansion cosmique, était jusqu’ici considérée comme une constante cosmologique immuable. Or, les résultats publiés en mars 2024 par l’Instrument Spectroscopique de l’Énergie Noire (DESI), basés sur l’analyse de 14 millions de galaxies et quasars, suggèrent le contraire.

Après trois années de collecte de données, l’hypothèse d’une énergie noire « dynamique », variant au cours du temps, s’est renforcée contre toute attente. Cette découverte potentielle pourrait obliger les physiciens à réviser les modèles standards décrits dans notre dossier sur le Big Bang et l’origine de l’Univers.

Lune : les acteurs privés entrent en scène

L’exploration lunaire commerciale a connu un succès notable avec l’atterrisseur Blue Ghost de l’entreprise Firefly Aerospace. Le 2 mars, l’engin s’est posé en douceur dans la Mare Crisium, opérant pendant une journée lunaire complète (14 jours terrestres) et survivant quelques heures dans la nuit glaciale.

Blue Ghost a mené à bien plusieurs expériences, testant un système de positionnement lunaire, une foreuse robotique et un télescope à rayons X. D’autres tentatives, comme celles des atterrisseurs Athena (Intuitive Machines) et Resilience (ispace), n’ont malheureusement pas abouti, rappelant la complexité extrême de l’alunissage.

La stabilité du Système solaire en question

Illustration humoristique montrant une Terre anthropomorphe projetée au loin alors qu'une étoile passe à toute vitesse.
Illustration : Ryan Snook.

Enfin, une étude publiée en mai a rappelé la fragilité relative de notre voisinage cosmique. Des simulations ont montré que le passage rapproché d’une étoile pourrait perturber l’orbite de Mercure, déclenchant une réaction en chaîne gravitationnelle. Dans les scénarios les plus extrêmes, la Terre pourrait entrer en collision avec Vénus ou Mars, ou être éjectée du système solaire.

Fort heureusement, la probabilité d’un tel cataclysme dans les 5 prochains milliards d’années reste infime, estimée à seulement 0,2 %. Une statistique rassurante pour aborder 2026, qui promet d’être tout aussi riche en révélations astronomiques.

astronomie 2025

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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