Aliments ultratransformés : un signal à l’IRM, sans baisse cognitive mesurée
Une étude canadienne relie une consommation plus élevée d’aliments ultratransformés à des marqueurs vasculaires cérébraux. Mais l’imagerie, les capacités cognitives et la causalité sont trois questions distinctes.
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Des différences apparaissent sur les images du cerveau, mais pas de façon cohérente dans les tests de mémoire et de réflexion. C’est le contraste central d’une étude publiée le 15 octobre 2026 dans JAMA Network Open : les adultes consommant le plus d’aliments ultratransformés présentaient plus souvent des signes d’atteinte vasculaire cérébrale à l’IRM. Ce résultat ne démontre toutefois pas que ces aliments ont provoqué les lésions.[1][2][3]
L’analyse porte sur 8 783 adultes canadiens âgés de 35 à 69 ans, sans maladie cardiovasculaire établie. Dans le groupe consommant le plus d’aliments ultratransformés, environ une personne sur neuf présentait ces signes à l’IRM, contre une sur douze dans le groupe en consommant le moins. Il s’agit de proportions observées dans deux groupes, pas de la probabilité qu’une personne développe une lésion après avoir mangé un produit donné.[3]
Que voit-on exactement sur ces images ? Les chercheurs recherchaient deux types d’anomalies : des zones anormalement claires dans la substance blanche, le tissu qui transmet les signaux entre régions cérébrales, et des zones de tissu endommagées par une interruption de l’apport sanguin. Ces dernières peuvent exister sans symptômes reconnaissables d’AVC. Le mot « silencieux » renvoie donc à l’absence de signes évidents, non à l’absence d’anomalie.[3][2]
L’IRM et les tests cognitifs ne répondent ainsi pas à la même question : l’une repère des anomalies tissulaires, les autres évaluent des capacités comme la mémoire ou l’attention. L’absence d’association cohérente avec les performances ne fait pas disparaître le signal d’imagerie ; inversement, ce signal ne suffit pas à diagnostiquer un déclin cognitif. Des modifications pourraient être visibles avant d’affecter les capacités évaluées, mais seul un suivi dans le temps permettrait de déterminer si cette succession se produit chez ces participants.[2][3]
La solidité du lien dépend aussi de la façon de compter ce qui est mangé. L’analyse principale comparait le nombre de portions d’aliments ultratransformés pour 2 000 calories consommées. L’association persistait après prise en compte de facteurs comme l’âge, le tabagisme, l’activité physique, l’hypertension et le diabète. Mais lorsqu’on exprimait cette consommation en part des calories totales ou de l’ensemble des portions alimentaires, le lien s’affaiblissait et perdait généralement sa signification statistique. Le résultat n’est donc pas aussi net avec toutes les mesures de consommation.[3]
Enfin, questionnaires alimentaires, IRM et tests cognitifs ont été recueillis lors d’une même visite. Impossible, avec cette photographie, de savoir si les habitudes alimentaires ont précédé les anomalies cérébrales. Pour décrypter les différentes études médicales, la distinction est décisive : comparer des consommateurs ne revient pas à tester l’effet d’un changement de régime. Ici, ni le rôle propre de la transformation industrielle, distinct de la composition nutritionnelle des aliments, ni l’effet d’une réduction de leur consommation sur ces marqueurs ne sont établis.[3]









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