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Espace et Astronomie

Bételgeuse : une étoile compagnon découverte dans son orbite

Des images haute résolution du télescope Gemini North ont révélé la présence potentielle d'une petite étoile, surnommée Siwarha, orbitant à l'intérieur même de l'atmosphère de Bételgeuse. Cette découverte majeure pourrait expliquer les mystérieuses variations de luminosité de la supergéante rouge.

Bételgeuse : une étoile compagnon découverte dans son orbite
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Sources

  • sciencenews.org
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Dans la constellation d’Orion, l’épaule droite du géant, marquée par l’éclat rubis de Bételgeuse, recèle un secret que les astronomes tentent de percer depuis des décennies. Cette supergéante rouge, l’une des étoiles les plus massives et les plus instables de notre voisinage galactique, ne serait finalement pas seule. Une équipe internationale de chercheurs pense avoir identifié un compagnon discret, niché au cœur même de l’enveloppe gazeuse de la géante, mettant ainsi fin à une quête séculaire.

  • Une potentielle étoile compagnon, nommée Siwarha, a été détectée en orbite rapprochée autour de la supergéante rouge Bételgeuse.
  • D’une masse d’environ 1,6 fois celle du Soleil, ce compagnon évolue à l’intérieur de l’atmosphère étendue de l’étoile principale.
  • La confirmation définitive de cette découverte est attendue pour novembre 2027, lors du prochain maximum d’élongation orbitale.

Une découverte attendue depuis plus d’un siècle

L’existence d’un partenaire orbital autour de Bételgeuse n’est pas une idée neuve. Dès le début du XXe siècle, des anomalies dans les mouvements et la luminosité de la supergéante laissaient supposer la présence d’un corps secondaire. Cependant, l’éclat écrasant de la géante — des dizaines de milliers de fois plus lumineuse que notre Soleil — rendait toute observation directe impossible avec les technologies conventionnelles.

Pour lever le voile sur ce mystère, les astronomes ont utilisé le télescope de 8,1 mètres Gemini North, situé à Hawaï. Grâce à une technique d’imagerie avancée permettant de corriger les distorsions atmosphériques terrestres, ils ont pu obtenir une résolution sans précédent. Les images, qui seront publiées dans The Astrophysical Journal Letters, révèlent une tache bleutée ténue à proximité immédiate du disque orangé de la supergéante. Cette détection semble corroborer certaines prédictions théoriques sur ce partenaire discret formulées par le passé.

Image astronomique de Bételgeuse et son compagnon bleu
Les nouvelles images révèlent un petit compagnon (en bleu) à côté de la brillante supergéante Bételgeuse (en orange). Crédit : International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA ; Traitement d’image : M. Zamani/NSF NOIRLab

Siwarha : un compagnon condamné à être englouti

Le compagnon a été officieusement surnommé « Betelbuddy » par les chercheurs, mais l’équipe propose le nom plus formel de Siwarha. Ce terme, signifiant « son bracelet » en arabe, fait écho au nom de Bételgeuse, qui dérive de l’expression signifiant « la main du géant ». Si sa présence est confirmée, l’étoile recevra la désignation scientifique de α Orionis B.

D’un point de vue astrophysique, la situation de Siwarha est précaire. L’étoile orbite à une distance équivalente à seulement quatre fois la distance Terre-Soleil. À cette échelle, elle se trouve littéralement plongée dans les couches externes de l’atmosphère de Bételgeuse. Selon Steve Howell, astronome au centre de recherche Ames de la NASA et coauteur de l’étude, cette proximité entraîne une traînée gravitationnelle et gazeuse importante. « Le compagnon subira une friction dans son orbite », explique-t-il. Ce freinage orbital condamne l’étoile à une fin inéluctable : d’ici 10 000 ans, un battement de cil à l’échelle astronomique, Siwarha sera totalement engloutie par sa voisine géante.

Le mystère des variations de luminosité de Bételgeuse

Bételgeuse est célèbre pour son comportement erratique. Entre fin 2019 et début 2020, l’événement baptisé « Grand Obscurcissement » avait captivé le monde entier, laissant craindre une explosion imminente en supernovaSupernova Supernova désigne l'explosion cataclysmique d'une étoile survenant à la fin de son cycle de vie, libérant en un court laps de temps une quantité d'énergie et de lumière équivalente à…. Des analyses ultérieures ont toutefois montré que l’étoile avait simplement éjecté un nuage massif de poussière qui masquait temporairement sa lumière.

Vue de la constellation d'Orion avec zoom sur Bételgeuse
La constellation d’Orion avec un encart montrant la supergéante rouge Bételgeuse et son petit compagnon bleu. Crédit : International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA

Cependant, un autre cycle de variabilité, s’étendant sur environ six ans, restait inexpliqué. La présence de Siwarha pourrait être la pièce manquante du puzzle. En circulant à travers les gaz de la supergéante, le compagnon influencerait la quantité de poussière produite ou la structure de l’enveloppe stellaire, modifiant ainsi la luminosité perçue depuis la Terre. Cette interaction entre une supergéante et un compagnon de faible masse est un phénomène encore jamais observé directement, ce qui empêche les astronomes de déterminer si une telle configuration est commune dans l’Univers.

Une confirmation définitive attendue pour 2027

Malgré l’enthousiasme suscité par ces images, la communauté scientifique reste prudente. Sarah Blunt, astronome à l’Université de Californie à Santa Cruz, souligne qu’il est encore difficile d’affirmer avec certitude que la détection est réelle et non un artefact instrumental. « Nous devrons attendre de voir si le compagnon peut être confirmé avec d’autres instruments », tempère-t-elle.

Le calendrier astronomique offre déjà une date clé pour valider cette découverte. En novembre 2027, l’orbite de Siwarha devrait l’amener à son point le plus éloigné de Bételgeuse du point de vue de l’observateur terrestre. Ce sera le moment idéal pour pointer à nouveau les télescopes les plus puissants vers la constellation d’Orion. Si l’étoile compagnon est bien là, son éclat devrait être plus distinct, permettant enfin de confirmer l’existence de celle qui accompagne la géante dans sa danse macabre avant l’explosion finale.

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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