Fin des secondes intercalaires : ce qui changera en mai 2027
La décision adoptée le 15 octobre à Versailles rendra UTC continu à partir du 20 mai 2027. Elle autorise un écart plus grand avec la rotation terrestre, sans avancer les horloges d’une heure ce jour-là.
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Les horloges ne feront pas un bond d’une heure le 20 mai 2027. Ce jour-là, c’est la règle qui relie notre temps de référence à la rotation terrestre qui changera. Le 15 octobre 2026, à Versailles, les représentants de 69 pays ont voté l’abandon des secondes intercalaires : UTC pourra désormais s’écarter jusqu’à une heure du temps fondé sur la rotation de la Terre, au lieu d’une seconde.[1][2]
Pour comprendre cette réforme, il faut distinguer deux façons de compter le temps. UTC, le temps universel coordonné, sert de référence aux ordinateurs et aux téléphones. Il est calculé à partir d’horloges atomiques réparties dans le monde. UT1, lui, suit la rotation terrestre, dont la vitesse varie irrégulièrement. Ces deux repères n’avancent donc pas exactement au même rythme.[2]
Jusqu’ici, les secondes intercalaires permettaient de les maintenir à moins d’une seconde l’un de l’autre. Une seconde supplémentaire était insérée lorsque cela devenait nécessaire : 27 ont été ajoutées depuis 1972, la dernière à la fin du 31 décembre 2016. La réforme change le compromis : plutôt que de corriger régulièrement UTC pour le rapprocher de la rotation terrestre, elle privilégie sa continuité en acceptant davantage d’écart.[2][3]
Il y a donc deux échéances très différentes derrière l’annonce. Le 20 mai 2027 est la date d’entrée en vigueur de la nouvelle règle, pas celle d’une correction d’une heure. Cette heure constitue une limite autorisée, non un décalage à appliquer immédiatement. L’atteindre pourrait prendre de nombreux siècles ; impossible de fixer une date précise, puisque cela dépendra de l’évolution imprévisible de la rotation terrestre. Une génération future devra alors décider de la correction à effectuer.[3]
L’intérêt immédiat se situe surtout dans les systèmes numériques. Des serveurs répartis doivent coordonner leurs opérations, et les transactions financières ont besoin d’horodatages précis. Une seconde insérée brusquement complique cette synchronisation. Certains serveurs ont déjà contourné le problème en étalant la correction sur une durée plus longue, s’écartant temporairement d’UTC. Supprimer ces sauts doit réduire le risque de bugs associés, tout en facilitant l’usage d’une référence commune ; cela ne garantit pas l’absence de pannes informatiques.[4][2]
La Terre ne disparaît pas pour autant de la mesure du temps. Sa rotation continuera d’être suivie avec précision pour l’astronomie et la navigation céleste. Ce qui change, c’est ce que l’on pourra demander à UTC : une référence régulière pour coordonner les activités, mais plus un substitut au suivi de la rotation terrestre à une seconde près. Pour connaître cette dernière, il faudra conserver le repère UT1, plutôt que supposer que les deux temps restent presque confondus.[1][2][4]









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