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Santé et Médecine

Ozempic : un gel pour réduire les injections à 4 par an

Des chercheurs de l'Université de Stanford ont mis au point un hydrogel innovant capable de libérer progressivement des médicaments comme l'Ozempic ou le Mounjaro. Testé avec succès sur des rats, ce dispositif pourrait transformer le quotidien des patients en remplaçant les injections hebdomadaires par une dose trimestrielle unique.

Ozempic : un gel pour réduire les injections à 4 par an
Ozempic : un gel pour réduire les injections à 4 par an
Sur quoi repose cet articleChez l’animal

Type de travail

Étude chez l’animal

Niveau de preuve 2/5

À garder en tête

Des résultats obtenus chez l’animal ne se transposent pas directement à l’humain.

Sources

  • Union européenne
  • PubMed
  • doi.org
  • clinicaltrials.gov
  • ansm.sante.fr
6 sources citées
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Réponse directemise à jour du 31 août 2026

Non, il n’existe pas d’« Ozempic en gel » autorisé qui permette de passer à quatre injections par an. Ozempic reste une solution injectable de sémaglutide administrée une fois par semaine dans son indication autorisée. Le gel évoqué ici est un système expérimental de libération prolongée, testé chez des rongeurs. L’hypothèse d’une injection tous les trois ou quatre mois chez l’humain repose encore sur une extrapolation pharmacocinétique, pas sur un essai clinique.

En brefChez l’animal

  • Établi

    Plusieurs formulations d’hydrogel ont maintenu une exposition au sémaglutide pendant plus de six semaines chez le rat.

  • Non établi

    Leur efficacité, leur sécurité, leur dose et leur durée d’action chez l’être humain.

  • À ne pas confondre

    Le médicament Ozempic autorisé, une formulation expérimentale contenant du sémaglutide et une projection de traitement trimestriel.

Ozempic autorisé et hydrogel expérimental : deux produits différents

Ozempic est le nom commercial d’un médicament dont la substance active est le sémaglutide. Dans l’Union européenne, il est autorisé pour traiter certains adultes atteints de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en complément de l’alimentation et de l’activité physique. Sa forme autorisée est une solution injectable en stylo prérempli, à administration hebdomadaire, selon le dossier officiel de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Le dispositif étudié à Stanford n’est ni un nouveau stylo Ozempic ni une présentation commerciale du médicament. Il s’agit d’un dépôt sous-cutané expérimental : le sémaglutide — ou, dans certains travaux, le tirzépatide — est incorporé dans un réseau polymère riche en eau. Sous la pression de l’injection, ce matériau s’écoule à travers l’aiguille, puis reforme un dépôt qui libère progressivement la molécule. Employer l’expression « gel Ozempic » est donc pratique, mais scientifiquement imprécis.

Ce que les expériences animales ont réellement montré

Une première étude évaluée par les pairs, publiée en 2023 dans Cell Reports Medicine, a testé des hydrogels contenant du sémaglutide ou du liraglutide chez des rats présentant un modèle de diabète. Une injection a maintenu une exposition et des effets métaboliques pendant 42 jours. Mais les auteurs signalaient aussi un point défavorable pour le sémaglutide : une forte exposition initiale, qu’ils jugeaient susceptible d’être mal tolérée chez l’humain. La durée de 120 jours chez l’humain provenait d’un modèle pharmacocinétique, notamment fondé sur les différences de volume du dépôt et de demi-vie entre le rat et l’humain. Elle n’a pas été observée chez des patients.

Un second travail, d’abord déposé en prépublication en juillet 2025, a ensuite été évalué par les pairs et publié en février 2026 dans Advanced Therapeutics. Chez de petits groupes de rats diabétiques — généralement cinq à six animaux par groupe — une injection d’hydrogel contenant du sémaglutide ou du tirzépatide a maintenu des concentrations mesurables pendant six semaines. Les résultats sur la glycémie et le poids ont été comparés à ceux d’injections quotidiennes adaptées à la pharmacocinétique du rat. Cette comparaison ne signifie pas que le protocole expérimental reproduit directement le traitement hebdomadaire humain.

Cette étude ne démontre pas non plus que le gel réduirait les effets indésirables digestifs. Un pic de concentration survenait encore le premier jour. Aucun comportement anormal manifeste n’a été relevé chez les rats, mais les nausées humaines ne peuvent pas être exclues à partir de cette observation. L’article complet est accessible via son DOI (10.1002/adtp.202500329).

Pourquoi « quatre injections par an » reste une extrapolation

Les six semaines observées chez le rat ne se convertissent pas automatiquement en trois mois chez l’humain. Les espèces diffèrent par la vitesse d’élimination du sémaglutide, la taille possible du dépôt, les réactions locales au matériau et de nombreux autres paramètres. Un modèle peut aider à préparer la recherche clinique ; il ne prouve ni la durée efficace, ni la dose utilisable, ni la tolérance.

Un nouveau travail de l’équipe, mis en ligne en mai 2026, tente précisément de mieux contrôler le relargage initial et la stabilité du sémaglutide. Dans cette prépublication répertoriée par PubMed, une formulation optimisée a maintenu l’exposition pendant plus de six semaines chez des rongeurs et réduit d’environ moitié la variation entre les pics et les creux par rapport à des injections quotidiennes dans ce modèle. Les auteurs évoquent un potentiel de traitement trimestriel chez l’humain. Le mot important est « potentiel » : ce manuscrit n’avait pas encore été évalué par les pairs au 31 août 2026 et ne contient aucune donnée clinique humaine.

Les observations locales restent également précliniques. Les auteurs décrivent autour de certains dépôts une inflammation et une fibrose légères, compatibles selon eux avec une réaction contrôlée à un corps étranger en cours de résorption. Cela ne permet pas de conclure que le dispositif serait invisible, indolore ou sans risque chez une personne.

Où en est la recherche clinique ?

Un essai de phase I/IIa enregistré en 2026 étudie chez 24 adultes une autre formulation de sémaglutide à libération prolongée, conçue par Mapi Pharma pour une injection mensuelle. Ce programme, référencé NCT07563699 sur ClinicalTrials.gov, n’évalue pas l’hydrogel trimestriel de Stanford et ne disposait pas de résultats publiés. Il montre surtout que les formulations « dépôt » de sémaglutide constituent un domaine de recherche plus large ; les résultats de l’une ne valident pas les autres.

Ce qui reste à démontrer avant un éventuel usage

  • la tolérance du matériau et du dépôt sous-cutané chez l’humain, à court et à long terme ;
  • la maîtrise du pic initial et la stabilité chimique du sémaglutide pendant plusieurs mois ;
  • une exposition suffisamment régulière sans sous-dosage ni excès impossible à interrompre rapidement ;
  • la dose, le volume injectable, la conservation, la fabrication stérile et la reproductibilité ;
  • un bénéfice clinique et une sécurité confirmés dans des essais contrôlés, puis évalués par les autorités sanitaires.

Les chercheurs ont déclaré des intérêts liés à cette technologie : plusieurs sont inventeurs d’un brevet et Eric Appel est cofondateur, détenteur de parts et conseiller d’une société qui en détient une licence exclusive. Cette déclaration ne rend pas les résultats invalides, mais elle doit accompagner leur interprétation.

Avertissement médical : cet article informe sur l’état de la recherche et ne remplace pas un avis médical. Ne modifiez pas, n’espacez pas et n’interrompez pas un traitement par sémaglutide ou un autre médicament sur la base de ces travaux expérimentaux. En France, l’ANSM rappelle qu’Ozempic est un médicament sur ordonnance réservé à son indication autorisée dans le diabète de type 2 ; toute question sur un traitement doit être discutée avec un médecin ou un pharmacien.

Sources principales

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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