Norellraptor : ce dinosaure à plumes éclaire l’origine des ailes
Décrit le 29 septembre, Norellraptor présente des caractères associés au vol. L’étude distingue les ressemblances avec les oiseaux de leur histoire évolutive, sans établir les performances aériennes de l’animal.
Sur quoi repose cet articleObservation
Type de travail
Observation ou mesure
À garder en tête
Une observation décrit un phénomène ; son interprétation peut encore évoluer.
Des ailes proches de celles des oiseaux ne racontent pas forcément la même histoire évolutive. C’est ce que suggère une étude publiée le 29 septembre dans Nature Communications : Norellraptor barsboldi, un nouveau dinosaure à plumes, appartient aux microraptorines, une branche distincte de celle des oiseaux. Son anatomie aide à comprendre comment des caractères associés au vol ont pu apparaître dans plusieurs lignées.[1][2]
Un squelette de 57 centimètres, avec son plumage
Le fossile provient du Liaoning, dans le nord-est de la Chine, et du Crétacé inférieur. Découvert par un agriculteur, il a été donné au musée de l’université Hebei GEO en 2023. Le squelette mesure 57 centimètres ; des plumes sont conservées près des membres et de la queue.[1]
L’équipe a aussi examiné au microscope des coupes d’un os de l’avant-bras, le radius. Les marques de croissance suggèrent que l’animal avait au moins trois ans à sa mort. Ce n’est pas une datation du fossile : c’est une estimation de l’âge de l’individu.[1]
Quels dinosaures avaient des plumes ?
Norellraptor et Microraptor en fournissent des exemples documentés. Chez Microraptor gui, une étude antérieure a utilisé la lumière ultraviolette pour révéler des traces peu visibles et confirmer que les plumes étaient bien associées au squelette, plutôt que déplacées autour de lui.[1][3]
Pour Norellraptor, la conservation permet d’identifier du plumage, mais pas d’en restituer précisément toute la longueur et la forme. Avoir des plumes ne suffit donc pas à reconstituer les performances aériennes d’un animal disparu.[1]
Des ressemblances apparues dans un ordre différent
Les chercheurs ont comparé les caractères anatomiques des microraptorines et de la lignée des oiseaux dans un arbre de parenté. Dans leur reconstruction, 57 des 194 transformations identifiées chez les microraptorines se retrouvent aussi chez les oiseaux par convergence : des ressemblances acquises indépendamment.[1]
Le point décisif est leur ordre d’apparition. Les deux lignées n’ont pas assemblé ces caractères selon la même séquence. Les observations microscopiques des os apportent un autre indice de différences dans la croissance des membres.[1]
L’étude soutient ainsi plusieurs voies évolutives vers une anatomie adaptée au déplacement aérien. Elle ne fait pas de Norellraptor un ancêtre direct des oiseaux.[1]
Norellraptor pouvait-il vraiment voler ?
Son anatomie présente des caractères associés au vol, mais l’étude ne mesure pas sa capacité à décoller ni à battre des ailes. Les auteurs décrivent les indices histologiques comme préliminaires, et la mauvaise conservation de certaines plumes limite leur interprétation.[1]
Le fossile permet donc de discuter l’évolution des ailes, pas de montrer cet animal en plein vol. Cette distinction compte aussi lorsqu’on compare les dinosaures à plumes à Archaeopteryx : ressemblance anatomique, parenté et capacité de vol sont trois questions différentes.[1]
Sources
- Wang et al., Nature Communications, 29 septembre 2026. Étude originale sur Norellraptor et l’évolution des caractères liés au vol. DOI : 10.1038/s41467-026-77804-6.
- James Woodford, New Scientist, 29 septembre 2026. Article journalistique et commentaire extérieur à l’équipe de recherche.
- Hone et al., PLOS ONE, 15 février 2010. Étude originale des plumes de Microraptor sous lumière ultraviolette. DOI : 10.1371/journal.pone.0009223.









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