Jonathan, environ 194 ans : son génome livre une piste, pas le secret de sa longévité
Une étude publiée le 7 octobre repère chez Jonathan des marques liées aux mitochondries. Elles ouvrent une piste biologique, sans expliquer à elles seules son âge exceptionnel.
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Comment une tortue peut-elle vivre près de deux siècles ? Une étude publiée le 7 octobre 2026 dans Science Advances ouvre une piste chez Jonathan, dont l’âge est estimé à environ 194 ans : certaines régions de son ADN associées aux mitochondries présentent des marques chimiques particulièrement organisées. Mais repérer ces particularités ne démontre pas qu’elles lui ont permis de vivre aussi longtemps.[1][2]
L’indice le plus intrigant ne concerne pas seulement les gènes, mais aussi les marques chimiques qui contribuent à régler leur activité. Ces marques dites épigénétiques comprennent la méthylation de l’ADN. Chez Jonathan, comme chez les autres tortues âgées étudiées, leurs profils sont plus désordonnés que chez les jeunes pour la plupart des gènes. L’exception se trouve dans certaines régions commandant l’activité de gènes liés aux mitochondries. Ce n’est donc pas tout son ADN qui aurait échappé au vieillissement : le signal est localisé.[1]
Pourquoi cette exception mérite-t-elle l’attention ? Les mitochondries produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules et à leurs réparations. L’équipe avance qu’une organisation préservée de ces marques pourrait maintenir une activité plus régulière des gènes concernés et favoriser la longévité. Le raisonnement relie donc un réglage de l’activité génétique à l’entretien des cellules. Il reste toutefois une hypothèse : le lien causal entre ce réglage et la durée de vie de Jonathan n’a pas été testé expérimentalement.[1]
Pour interpréter ce signal, il faut aussi regarder ce qui a été prélevé. Les autorités de Sainte-Hélène ont refusé une prise de sang, par crainte d’une infection. Les chercheurs ont travaillé sur des prélèvements de joue, dont l’ADN était plus fragmenté que dans un échantillon sanguin. Ils ont complété les lacunes à l’aide du génomeGénome Génome désigne l'ensemble du matériel génétique d'un organisme vivant, constitué de longues molécules d'ADN (ou d'ARN pour certains virus) qui contiennent toutes les instructions biologiques nécessaires à son développement, son… de référence d’une autre tortue d’Aldabra. L’analyse repose ainsi sur une reconstruction, pas sur une lecture complète de tous les tissus de Jonathan.[1]
Autre distinction essentielle : être différent des animaux comparés ne signifie pas posséder un caractère propre aux champions de longévité. La comparaison avec quatre autres tortues d’Aldabra a fait ressortir 287 gènes présentant des changements particuliers à Jonathan dans ce groupe. Parmi eux, 41 sont considérés comme importants pour le fonctionnement biologique. Mais avec si peu d’individus, certaines différences pourraient simplement refléter la diversité entre tortues, plutôt qu’expliquer un âge exceptionnel.[2]
Comprendre un âge exceptionnel demande d’identifier les mécanismes en jeu, qu’on s’intéresse à la longévité des plantes ou à celle d’une tortue. Ici, deux questions restent distinctes : Jonathan possède-t-il des particularités biologiques intéressantes ? Oui. Ces particularités expliquent-elles ses quelque 194 années et la longévité d’autres tortues ? Cela reste à établir. Ces résultats désignent des pistes à tester, pas une recette pour vivre deux siècles.[1][2]









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