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Climat et Terre

Volcan Axial : une éruption désormais prévue pour 2026

Le volcan sous-marin Axial, situé au large de l'Oregon, n'a pas éclaté en 2025 comme initialement prévu. Cependant, l'analyse croisée des données sismiques et de l'inflation du plancher océanique permet aux chercheurs de pointer désormais vers une éruption probable en 2026.

Volcan Axial : une éruption désormais prévue pour 2026
Volcan Axial : une éruption désormais prévue pour 2026
Sur quoi repose cet articleModélisation

Type de travail

Modélisation ou simulation

À garder en tête

Une modélisation vaut ce que valent ses hypothèses et ses données d’entrée.

Sources

  • sciencenews.org
  • eppro01.ativ.me
3 sources citées
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À 1 500 mètres sous la surface de l’océan Pacifique, le silence règne, seulement troublé par les murmures géologiques du mont sous-marin Axial. Il y a un an, ce volcan immergé au large des côtes de l’Oregon faisait l’objet d’une attention médiatique rare : des chercheurs avaient avancé une prédiction particulièrement audacieuse, annonçant une éruption imminente avant la fin de l’année 2025. Pourtant, alors que le calendrier s’apprête à tourner, le plancher océanique demeure intact. Ce rendez-vous manqué avec le magma ne signifie pas pour autant un échec scientifique, mais marque plutôt une étape cruciale dans notre compréhension de la mécanique volcanique sous-marine.

  • La prédiction d’une éruption en 2025 ne s’est pas réalisée, révélant la complexité des cycles de gonflement du réservoir magmatique.
  • De nouveaux modèles basés sur la sismicité quotidienne suggèrent désormais une fenêtre éruptive pour l’année 2026.
  • La pérennité du réseau de surveillance OOI est menacée par des incertitudes budgétaires, mettant en péril le suivi en temps réel du volcan.
Équipement scientifique près d'une cheminée hydrothermale sur le volcan Axial
Une caméra haute définition surveille la cheminée hydrothermale nommée « Mushroom » dans la caldeira du mont sous-marin Axial, sous environ 1 500 mètres d’eau. (Crédit : UW, NSF-OOI, CSSF)

L’échec de la prédiction de 2025 : une leçon de géophysique

Prédire le réveil d’un volcan, qu’il soit terrestre ou sous-marin, reste l’un des défis les plus ardus de la géophysique moderne. En décembre dernier, l’optimisme était pourtant de mise. En s’appuyant sur un cycle apparemment régulier de gonflement et de dégonflement du sol — signe des mouvements de magma en profondeur — l’équipe de William Chadwick, chercheur à l’Oregon State University, avait estimé que le volcan Axial entrerait en activité en 2025. Cette méthode avait déjà fait ses preuves en 2015, permettant de prévoir avec succès l’éruption de l’époque.

Cependant, la nature s’est avérée moins prévisible que les modèles. Bien que le volcan ait gonflé davantage qu’en 2015, aucun seuil critique n’a déclenché de rupture. « Avec le recul, nous avons eu de la chance en 2015 », a admis William Chadwick lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à la mi-décembre. Pour le chercheur, cette prédiction d’éruption initiale était une expérience visant à repousser les limites des prévisions à long terme. L’absence d’événement souligne qu’il n’existe pas de seuil de déformation unique et universel capable de déclencher systématiquement une éruption.

De nouveaux seuils sismiques pour anticiper l’éruption de 2026

Face à ce constat, les scientifiques ajustent leur approche. Plutôt que de se fier uniquement à l’inflation du plancher océanique, ils intègrent désormais une analyse croisée de la sismicité. Une analyse combinée des données sismiques et de l’inflation du plancher océanique suggère que l’intensité des secousses est un indicateur plus fiable de la pression magmatique interne.

En 2015, l’éruption avait été précédée d’une accélération fulgurante de l’activité sismique, atteignant environ 10 000 séismes par centimètre d’inflation. En 2024, bien qu’une brève poussée sismique ait été observée, elle n’a pas perduré. Le taux d’inflation actuel, compris entre 15 et 25 centimètres par an, est également bien inférieur aux 70 centimètres enregistrés avant l’événement de 2015. Selon la nouvelle hypothèse de Chadwick, le volcan Axial devra probablement atteindre un rythme de 500 séismes par jour pour que l’éruption soit déclenchée. Au rythme actuel, ce seuil critique pourrait être franchi dans le courant de l’année 2026.

L’importance vitale des réseaux de câbles sous-marins OOI

La capacité à scruter ces phénomènes à des kilomètres sous la surface repose entièrement sur l’Ocean Observatories Initiative (OOI). Ce réseau, financé par la National Science Foundation (NSF), déploie une infrastructure de câbles sous-marins à fibre optique sur la plaque tectonique Juan de Fuca. Plus de 150 instruments transmettent des données en temps réel, permettant de suivre chaque « soupir » du mont sous-marin.

James Edson, océanographe à la Woods Hole Oceanographic Institution et responsable de l’OOI, a toutefois confirmé que le soutien actuel de la NSF permettrait de maintenir le réseau opérationnel au moins jusqu’à l’été 2026. Cette fenêtre est cruciale : sans ces données, le volcan Axial, véritable laboratoire naturel à ciel ouvert (ou plutôt à mer ouverte), redeviendrait une boîte noire géologique.

Vers une modélisation physique des ruptures géologiques

Parallèlement aux observations de terrain, une nouvelle voie émerge : la modélisation physique. Des chercheurs comme Qinghua Lei de l’Université d’Uppsala et Didier Sornette de l’ETH Zurich tentent d’appliquer des modèles de rupture mécanique pour anticiper le moment où la structure géologique du volcan cèdera sous la pression.

Depuis novembre, ils intègrent les données en temps réel de l’OOI dans un modèle informatique conçu pour prédire les défaillances géologiques, qu’il s’agisse de glissements de terrain ou d’éruptions. Ce projet expérimental génère des prévisions mensuelles qui, pour l’instant, restent confidentielles afin de tester leur fiabilité sans semer la confusion. L’objectif est de passer d’une approche statistique basée sur l’historique à une approche déterministe basée sur la physique des matériaux.

Malgré l’absence d’éruption en 2025, l’intérêt pour le volcan Axial ne faiblit pas. William Chadwick note une explosion de l’intérêt public, parfois accompagnée d’inquiétudes infondées sur les risques pour les populations côtières de l’Oregon. Pourtant, ce volcan de haute mer ne présente aucun danger immédiat. Il reste avant tout un terrain d’expérimentation unique pour affiner nos outils de prédiction d’éruption, une quête scientifique où chaque année de calme apporte autant d’enseignements qu’une année de feu.

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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