Dans une roche du Québec, un organisme à corps mou a traversé 450 millions d’années. Baptisé Paleocanna tentaculum, ce nouveau médusozoaire basal n’est pas une méduse nageuse telle qu’on l’imagine sur une plage : c’était un polype tubulaire muni d’une couronne de tentacules. Sa découverte donne un repère rare dans l’histoire ancienne des groupes proches des méduses modernes.
Les repères : 450 millions d’années ; Saint-Joachim, au Québec ; 15 dalles étudiées ; environ 135 spécimens.
Un polype qui vivait dans des tubes dressés
Paleocanna vivait dans un tube dressé, seule ou en petits groupes. Le corps, long et étroit, se terminait par une couronne de tentacules qui dépassait du bord du tube. Cette organisation est importante pour interpréter le fossile : elle rattache l’animal aux médusozoaires, la branche qui comprend notamment les méduses actuelles.
| Ce que montre le fossile | Ce que cela apporte |
|---|---|
| Un corps mou tubulaire avec des tentacules | Un rare aperçu direct d’un polype ancien |
| Des spécimens sur des dalles de la formation de Neuville | Un contexte géologique précis au Québec |
| Environ 135 individus étudiés | Une série suffisante pour décrire une nouvelle espèce |
Pourquoi un corps mou a-t-il laissé une trace ?
Les organismes à corps mou se conservent rarement : ils se décomposent plus facilement que les coquilles ou les os. Ici, l’enfouissement rapide sous de fines couches de boue, dans un milieu pauvre en oxygène, a limité cette disparition. C’est cette combinaison qui explique l’intérêt du spécimen : elle a préservé une forme de vie que le registre fossile efface habituellement.
Une chronologie courte, mais très longue à l’échelle géologique
- Il y a 450 millions d’années, les polypes sont recouverts par des sédiments dans l’environnement marin de l’actuelle région de Québec.
- Les fossiles sont identifiés dans la formation de Neuville supérieure, à Saint-Joachim.
- Le 13 février 2026, l’étude décrivant le nouveau genre et la nouvelle espèce paraît dans le Journal of Paleontology.
Le résultat ne recompose pas toute l’évolution des méduses à lui seul. Il fournit en revanche un jalon concret : le premier polype cnidaire à corps mou documenté dans l’Ordovicien d’Amérique du Nord, dans un groupe dont les fossiles sont peu nombreux.


