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Climat et Terre

Les 3 dernières années ont été les plus chaudes du record

Une nouvelle analyse des données climatiques mondiales confirme que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Pour la première fois, la Terre a franchi le seuil critique de 1,5 °C de réchauffement sur une période triennale, signalant une accélération inquiétante du réchauffement global.

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Sources

  • sciencenews.org
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La Terre vient de franchir un cap thermique dont la portée symbolique et scientifique ne peut être ignorée. Selon les dernières analyses des données du climat mondial, la période triennale qui vient de s’achever s’impose comme la plus chaude jamais documentée depuis le début des relevés météorologiques. Ce constat ne se limite pas à une simple accumulation de records annuels ; il témoigne d’une accélération du réchauffement climatique qui place désormais la planète sur une trajectoire de confrontation directe avec les limites fixées par les accords internationaux.

  • Les trois dernières années constituent la période la plus chaude jamais enregistrée, dépassant pour la première fois le seuil de 1,5 °C sur trois ans.
  • L’année 2025, bien que légèrement moins chaude que 2024, est devenue l’année La Niña la plus chaude de l’histoire.
  • Les modèles climatiques indiquent une probabilité de 80 % qu’un nouveau record de température soit établi au cours des cinq prochaines années.

Un franchissement historique du seuil de 1,5 °C

Pour la première fois dans l’histoire de la climatologie moderne, la température moyenne mondiale a excédé le seuil de 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels sur une période consécutive de trois ans. Ce chiffre n’est pas une simple statistique ; il représente une frontière critique identifiée par la communauté scientifique comme un point de bascule pour de nombreux écosystèmes.

« Le seuil de 1,5 °C n’est pas une falaise abrupte, mais nous savons que chaque dixième de degré compte », a souligné Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique au sein de l’ECMWF (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme), lors d’une conférence de presse tenue le 12 janvier dernier. Cette limite est intrinsèquement liée à une augmentation drastique des risques pour la biodiversité, la santé humaine et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.

2025 : une année record malgré l’influence de La Niña

L’année 2025 s’est classée au troisième rang des années les plus chaudes, avec une anomalie thermique de 1,47 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Si ce chiffre est légèrement inférieur aux sommets atteints précédemment, il demeure exceptionnel compte tenu du contexte climatique naturel. En effet, la planète est entrée en 2025 dans une phase neutre, puis dans un cycle La Niña, un phénomène qui, en temps normal, tend à refroidir la température globale.

Pourtant, malgré cet effet modérateur attendu, 2025 a été l’année La Niña la plus chaude jamais observée. À titre de comparaison, l’année 2024 reste à ce jour l’année la plus chaude du record avec une moyenne de 1,6 °C. Samantha Burgess précise que des températures de surface de la mer historiquement élevées ont été maintenues tout au long de l’année 2025, même en l’absence des conditions El Niño qui avaient dopé les thermomètres en 2023 et 2024.

Incendies de forêt à Los Angeles en janvier 2025
Les incendies meurtriers qui ont ravagé le sud de la Californie en janvier 2025, illustrés ici, ont été exacerbés par le réchauffement climatique anthropique.

Des conséquences extrêmes à l’échelle mondiale

L’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, principalement issue de la combustion des énergies fossiles, reste le moteur primaire de cette surchauffe. Les conséquences se manifestent par une déstabilisation profonde des cycles saisonniers et une intensification des catastrophes naturelles. En janvier 2025, des incendies d’une violence rare ont frappé le sud de la Californie, un phénomène normalement inhabituel pour cette période de l’année, mais rendu possible par des sols extrêmement secs et des températures anormalement hautes.

Les pôles ne sont pas épargnés : l’Antarctique a connu son année la plus chaude jamais enregistrée, tandis que l’Arctique se classait au deuxième rang. Parallèlement, l’étendue de la banquise aux deux pôles a atteint des niveaux bas records. À l’échelle humaine, plus de la moitié de la population mondiale a subi une augmentation du nombre de jours de « stress thermique », caractérisés par des températures dépassant les 40 °C.

Ces événements s’inscrivent dans une tendance lourde analysée par les experts du changement climatique, confirmant que les épisodes de précipitations extrêmes et les vagues de chaleur prolongées ne sont plus des anomalies, mais la nouvelle norme de notre système climatique.

Perspectives : vers un dépassement systématique d’ici 2029

L’avenir proche ne semble pas indiquer de répit. Les projections de l’ECMWF suggèrent que la Terre est sur une trajectoire qui l’amènera à dépasser de manière systématique et permanente le seuil de 1,5 °C d’ici 2029. La probabilité qu’au moins une des cinq prochaines années détrône 2024 pour devenir la plus chaude de l’histoire est estimée à 80 %.

Le recul statistique est désormais suffisant pour identifier une tendance de fond : les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais enregistrées. « Mon anticipation est que l’année prochaine nous amènera à douze sur douze », a conclu Samantha Burgess. Si l’incertitude demeure quant à l’intensité exacte de l’année 2026, la direction prise par le climat mondial est sans équivoque. La question n’est plus de savoir si de nouveaux records seront battus, mais avec quelle fréquence et quelle intensité ils redéfiniront notre environnement.

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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