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Espace et Astronomie

Impact d’astéroïde ancien : une clé pour la vie sur Mars ?

La découverte d'un ancien impact d'astéroïde en Australie révèle comment les chocs cosmiques altèrent les traces de vie primitive. Ces structures rocheuses servent désormais de modèles pour identifier d'éventuels fossiles microbiens sur la planète rouge grâce aux données du rover Perseverance.

Impact d'astéroïde ancien : une clé pour la vie sur Mars ?
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Sources

  • sciencenews.org
3 sources citées
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Dans l’immensité aride du nord-ouest de l’Australie, les formations rocheuses du North Pole Dome figurent parmi les plus anciennes archives géologiques de notre planète. C’est ici, au cœur d’un paysage de laves rouges figées depuis des éons, qu’une équipe de chercheurs a identifié les traces d’un événement cataclysmique survenu il y a plus d’un milliard d’années. Cette découverte fortuite ne se contente pas d’ajouter un cratère à la liste des impacts terrestres ; elle offre un miroir saisissant de ce qu’était la surface de la Planète Rouge à une époque où l’eau y coulait encore.

  • Une structure d’impact majeure a été identifiée dans le North Pole Dome, révélant un événement survenu entre 1,2 et 1,8 milliard d’années.
  • La présence de « cônes de percussion » dans des basaltes archéens fournit un analogue géologique précieux pour l’étude des terrains martiens.
  • Ces travaux soulignent comment les impacts météoritiques peuvent altérer les fossiles microbiens, complexifiant la quête de la vie sur Mars.

Une capsule temporelle géologique dans le désert australien

Le site de North Pole Dome est mondialement connu des géologues pour abriter des grès contenant certains des plus anciens fossiles microbiens de la planète. Ces micro-organismes primitifs prospéraient autrefois dans des sources hydrothermales bouillonnantes et des fonds marins peu profonds, il y a environ 3,47 milliards d’années. C’est dans ce contexte sédimentaire exceptionnel qu’Alec Brenner, géologue à l’Université de Yale (auparavant à Harvard), a fait une découverte inattendue en 2023.

Alors qu’il parcourait la région pour ses recherches habituelles, Brenner a remarqué des formations rocheuses aux formes coniques inhabituelles, dont les sommets pointaient vers le ciel. Ces structures, désormais intégrées à ce que les scientifiques nomment la structure d’impact de Miralga, témoignent d’un passé violent. Contrairement à la Lune ou à Mars, dont les surfaces sont criblées de cratères visibles, la Terre efface continuellement ses cicatrices sous l’effet de l’érosion et du processus de la tectonique des plaques, qui recycle la croûte terrestre.

Cône de percussion rougeâtre avec des rainures radiales
Vue rapprochée d’un cône de percussion (shatter cone) présentant des rainures rayonnantes caractéristiques d’un impact de haute pression. Crédit : Alec Brenner/Harvard University

Les cônes de percussion : témoins d’un choc colossal

Les structures observées par Brenner sont appelées « cônes de percussion » (ou shatter cones). Ces formations géologiques ne se créent que sous des pressions extrêmes, typiquement lorsqu’une onde de choc générée par un impact d’astéroïde traverse la roche à des vitesses supersoniques. Selon les analyses publiées dans la revue Science Advances, le cratère originel, aujourd’hui totalement érodé, devait mesurer environ 16 kilomètres de diamètre.

« Le cratère lui-même a disparu sous l’effet de l’érosion, tout comme trois kilomètres de roche sus-jacente », explique Alec Brenner. « Ce que nous observons, ce sont les racines profondes de l’impact, la partie qui a été frappée avec une violence inouïe. »

En cartographiant des centaines de ces cônes sur une zone de sept kilomètres de large, l’équipe a pu déterminer que le point d’impact central se situait autrefois au-dessus de leurs têtes, là où un météore de un à deux kilomètres de large a percuté la Terre. Les analyses magnétiques et minéralogiques, incluant la présence de minéraux de titane « choqués », permettent d’estimer que l’événement s’est produit il y a 1,2 à 1,8 milliard d’années, bien que les roches impactées soient beaucoup plus anciennes.

Un laboratoire terrestre pour décrypter les roches de Mars

L’intérêt de cette découverte dépasse la simple géologie terrestre. Les basaltes volcaniques de cette région d’Australie présentent des similitudes frappantes avec les roches qui composent une grande partie de la surface de Mars. C’est particulièrement vrai pour l’environnement du cratère de Jezero, un ancien bassin lacustre exploré actuellement par le rover Perseverance.

Sur Mars, comme dans le North Pole Dome, les roches ont été soumises à des flux de fluides hydrothermaux et à des impacts répétés. Ces processus peuvent soit préserver, soit détruire les indices biologiques. En étudiant comment les roches australiennes ont réagi à l’onde de choc, les scientifiques espèrent mieux interpréter les données renvoyées par les robots martiens. L’analogie est d’autant plus pertinente que Mars ne possède pas de tectonique des plaques active, préservant ainsi des surfaces qui ressemblent à ce qu’était la Terre il y a 3 ou 4 milliards d’années.

L’influence des impacts sur la préservation des biosignatures

La recherche de la vie sur Mars repose sur l’identification de biosignatures, des traces chimiques ou morphologiques laissées par d’anciens micro-organismes. Cependant, un impact d’astéroïde peut créer des structures minérales « bullées » qui imitent l’apparence de fossiles microbiens sans en être. À l’inverse, la chaleur et la pression peuvent altérer de véritables fossiles jusqu’à les rendre méconnaissables.

Le rover Perseverance a récemment collecté des échantillons présentant des formations intrigantes en taches de léopard, qui pourraient être d’origine biologique. Toutefois, comme le souligne Michaela Dobson, géologue au New Zealand Astrobiology Network, ces indices sont souvent ambigus. L’étude du site de Miralga permet aux chercheurs d’observer avec un regard neuf comment un impact modifie ces environnements fragiles.

Bien que la structure de Miralga soit désormais identifiée, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les chercheurs prévoient d’affiner la datation de l’impact et d’analyser plus précisément l’état de préservation des fossiles situés à proximité immédiate des cônes de percussion. Ces travaux rappellent que pour comprendre l’histoire de l’astrobiologie martienne, il est parfois nécessaire de plonger dans les profondeurs les plus reculées de notre propre planète.

DavidRédaction ScienceActu

David contribue à ScienceActu sur la santé, les sciences de la vie et la vulgarisation. Les contenus santé sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce profil ne revendique pas de qualification médicale.

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