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    Nouvelle classe d’explosions cosmiques : les mégatoiles détruites

    États-Unis, Allemagne

    Certaines étoiles massives ne se contentent pas de s’éteindre silencieusement ; elles disparaissent dans un cataclysme d’une violence inouïe. Au-delà des supernovas classiques, une nouvelle catégorie d’explosions cosmiques vient d’être caractérisée par les astronomes. Ces événements, alimentés par la destruction d’étoiles géantes par des trous noirs supermassifs, libèrent une quantité d’énergie défiant l’entendement.

    • Les transitoires nucléaires extrêmes (ENT) sont une nouvelle classe d’explosions surpassant les supernovas en luminosité et en durée.
    • Ces événements sont causés par des trous noirs supermassifs déchiquetant des étoiles de 3 à 10 fois la masse du Soleil.
    • Un seul de ces événements libère en un an autant d’énergie que le Soleil durant toute sa vie (10 milliards d’années).
    Illustration d'un trou noir sphérique entouré d'un disque de débris stellaires scintillants.
    Une nouvelle classe d’explosions cosmiques — émettant plus d’énergie que tout autre événement à luminosité variable — proviendrait de mégatoiles déchiquetées par des trous noirs supermassifs (vue d’artiste). Adam Makarenko, W.M. Keck Observatory

    Une puissance énergétique sans précédent

    Dans une étude publiée le 6 juin dans la revue Science Advances, des chercheurs détaillent la découverte de ce qu’ils nomment les « transitoires nucléaires extrêmes » (ENT, pour extreme nuclear transients). Ces phénomènes se distinguent par une signature énergétique qui surpasse tout ce qui avait été observé jusqu’à présent dans le domaine des objets transitoires — ces astres dont la luminosité varie dans le ciel nocturne.

    L’ampleur de ces explosions est difficilement concevable à l’échelle humaine. Jason Hinkle, astronome à l’Université d’Hawaï à Mānoa, illustre cette puissance par une comparaison vertigineuse : « Ces transitoires nucléaires extrêmes, en l’espace d’une année, émettent environ la même quantité d’énergie que notre Soleil au cours de ses 10 milliards d’années d’existence entière ».

    Pour comprendre ces mécanismes, il est essentiel de se référer aux connaissances actuelles sur notre univers, détaillées dans notre guide complet sur l’astronomie et l’univers. Contrairement aux supernovas, qui sont des explosions d’étoiles en fin de vie, les ENT semblent résulter d’une interaction gravitationnelle destructrice.

    Le mécanisme : des mégatoiles déchiquetées

    Le scénario privilégié par les astrophysiciens est une version « sous stéroïdes » d’un phénomène déjà connu : la rupture par effet de marée (TDE, ou tidal disruption event). Habituellement, un TDE se produit lorsqu’une étoile d’une masse comparable à celle du Soleil s’approche trop près d’un trou noir. La gravité de ce dernier surpasse les forces qui maintiennent la cohésion de l’étoile, l’étirant et la disloquant.

    Lors de ce processus, la matière stellaire est violemment éjectée. Une partie est avalée par l’astre central, s’échauffant au point d’émettre des rayons X et ultraviolets pendant plusieurs semaines ou mois. Pour approfondir le fonctionnement de ces objets célestes fascinants, vous pouvez consulter notre dossier sur la science des trous noirs.

    Cependant, les ENT observés par l’équipe de Hinkle défient les modèles standards. Leurs éruptions lumineuses affichent une énergie deux à dix fois supérieure à celle des supernovas les plus puissantes connues. Les chercheurs ont conclu qu’il s’agissait probablement de TDEs suralimentés, impliquant des étoiles bien plus massives — de trois à dix fois la masse du Soleil — détruites par des trous noirs supermassifs d’environ 250 millions de masses solaires.

    Des observations qui défient les statistiques

    La découverte de ces événements a nécessité une fouille méticuleuse des données télescopiques. L’équipe recherchait spécifiquement des lueurs cosmiques exceptionnellement radiantes persistant au-delà d’une année. Ils ont identifié trois événements répondant à ces critères stricts.

    Le profil temporel de ces explosions est atypique : il leur a fallu plus de 100 jours pour atteindre leur pic de luminosité, suivis d’une lente décroissance de plus de 150 jours pour perdre la moitié de leur éclat. Au sommet de leur activité, leur luminosité était de 30 à 1 000 fois supérieure à celle de divers types de supernovas.

    « Ils sont très brillants et ont une très longue durée de vie », explique Jason Hinkle. « Mais c’est vraiment cette combinaison qui n’existe dans aucun autre type de transitoire connu. »

    Un lien entre destruction stellaire et évolution galactique

    Au-delà de la simple explosion, ces observations apportent des indices précieux sur l’environnement galactique. Les données montrent que du gaz chaud et de la poussière subsistent à proximité de ces trous noirs supermassifs, suggérant que ces derniers jouent un rôle actif dans le façonnage de leurs galaxies hôtes.

    Jusqu’à présent, les événements de rupture par effet de marée avaient principalement été observés dans des galaxies dormantes. Le lien entre ces événements cataclysmiques et des trous noirs « éveillés » restait théorique. Taeho Ryu, astrophysicien à l’Institut Max Planck d’astrophysique en Allemagne (non impliqué dans l’étude), souligne l’importance de cette connexion.

    « Ces transitoires nucléaires extrêmes semblent fournir un moyen de relier ces deux phénomènes différents », analyse-t-il, faisant référence aux TDEs et aux noyaux actifs de galaxies. Cela pourrait permettre aux chercheurs de mieux comprendre simultanément la dynamique des trous noirs et l’évolution des structures galactiques, comme celles observées dans notre propre Voie lactée et les galaxies voisines.

    Bien que rares, ces explosions constituent, selon Hinkle, « de loin nos meilleures sondes pour étudier ces trous noirs supermassifs très massifs et autrement silencieux ».

    transitoires nucléaires extrêmes

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